Préambule

Malgré un engouement qui ne cesse de croitre, trop souvent encore l’utilisation du bois ou de ses dérivés fait “peur” et est trop rapidement écartée, laissant le choix à des matériaux dits “traditionnels”.

Or le bois est, à bien des égards, un allié intéressant dans le cadre de la rénovation, voire incontournable lorsqu’il s’agit de nouvelle construction à très haute performance énergétique.

Un certain vieil adage persiste pourtant : ce qui est connu, rassure… Et c’est bien là la clé: la connaissance!

Bien que la Belgique ait connu précédemment d’autres vagues de construction en bois, comme par exemple dans les années ‘70, son renouveau au début des années 2000, semblait trop souvent expérimental; la connaissance dans le domaine étant trop majoritairement empirique.

Or aujourd’hui, notamment grâce à l’influence plus marquée des techniques de construction germaniques et surtout à leur plus grande diffusion, nous avons les moyens de mieux maîtriser son usage et pouvons le préconiser sans crainte.

Le bois est avant tout un matériau qui se respecte et qui ne donnera le meilleur de lui-même que s’il est parfaitement mis en œuvre. Cela commence dès la conception.

Les outils de cette rubrique permettent, sur base d’analyses critiques, de présenter une série de situations où l’usage du bois est pertinent et présente souvent un atout par rapport à l’usage de matériaux plus traditionnels. La vérification des cas porte uniquement sur l’aspect de la physique du bâtiment.

Clause d’exclusion responsabilité de Hout Info Bois (FERSIC)

  1. Ce service gratuit informe sur les possibilités d’isolation de bâtiment à partie de produits à base de bois, mais ne se substitue aucunement à un bureau d’études.Son objectif est simplement de documenter les professionnels et autres utilisateurs, sous leur seule responsabilité.
    Het is louter de bedoeling professionelen en andere gebruikers te informeren en dit op hun eigen verantwoordelijkheid.
  2. L’utilisateur reconnaît le caractère purement indicatif du service, et admet que son utilisation ne le dispense pas de recourir à un bureau d’études.
  3. L’utilisateur est seul responsable de l’utilisation qu’il fait des solutions proposées et des conséquences qu’il en déduit, et il supporte donc seul tout préjudice, direct ou indirect, matériel ou immatériel, causé à qui que ce soit suite à l’utilisation des informations obtenues sur le site internet ou à des travaux tenant compte de ses indications.
  4. L’utilisateur ne bénéficie d’aucune garantie d’aucune sorte en cas d’utilisation des informations données, erronées ou non, de méconnaissance des procédures décrites dans le manuel d’utilisation, de la documentation technique et des recommandations d’installation (environnement logiciel et matériel et installation sur le disque).
  5. Hout Info Bois (FERSIC asbl) ne peut en aucun cas être tenu responsable, de quelque manière que ce soit, du contenu des pages présentées sur son site ni de l’utilisation de l’information qui en est faite.

Objectifs

Cette étude, réalisée par un bureau d’architectes et d’auditeurs énergétiques*, est née du constat que si les candidats rénovateurs ou constructeurs étaient généralement un public intéressé par l’aspect énergétique, bien que la motivation en soit plus souvent économique qu’environnementale, il n’en demeure pas moins que peu sont soucieux de la manière dont leur bâtiment peut être amélioré ou conçu : la finalité prime sur les moyens.

Or, il y a là une démarche essentielle à entreprendre dans une optique de développement durable : élargir la démarche « énergétique » à ce degré supplémentaire qui relève du choix des méthodes et matériaux utilisés.

Quel que soit la littérature spécialisée sur laquelle cette vérité s’appuie, il est aujourd’hui indéniable que le bois est une ressource incontournable pour quiconque parle développement durable. Dans l’analyse des écobilans ou LCA, le bois est un maître choix en la matière.

Diminuer l’impact énergétique d’une solution constructive ou d’isolation est intimement lié à l’utilisation de ce matériau renouvelable. Bien sûr, il reste possible d’avoir recours à des matériaux dits “traditionnels” mais lorsque la solution, à performance égale, existe pour privilégier un usage de matériaux écologiques pourquoi ne pas le faire?

* Bureau d’architectes BROUAE snc – Architectures & Energies

Melle Laurence Vandormael- www.brouae.beinfo@brouae.be

Méthode

L’objectif de cet outil est de proposer différentes solutions faisant usage du bois et de ses dérivés afin d’encourager les prescripteurs à en faire un usage adéquat que ce soit dans le cadre de l’amélioration de la performance énergétique de bâtiments existants ou de la conception de nouveaux bâtiments.

Dans le comportement physique d’une paroi, le bon usage du matériau bois sera guidé principalement par son comportement au transfert de la vapeur d’eau : il faut éviter qu’il y ait une accumulation de vapeur d’eau au sein de la paroi, provoquant de la condensation interne. Les cas analysés ci-après ont été validés sur ce plan et la composition de la paroi est donc viable.

Petit résumé théorique du phénomène :

Quand y a-t-il condensation dans la paroi?

Dès que la pression partielle atteint la pression de saturation, il y a formation de condensation, au sein de la paroi, à l’endroit appelé point de rosée.

Dans nos régions, en hiver, la teneur en eau de l’air est généralement plus importante à l’intérieur qu’à l’extérieur, notamment à cause de l’ensemble des sources d’humidité liées à l’occupation. Douche, cuisine, nettoyage ou tout simplement la présence humaine (le corps dégage à lui seul environ 50 grammes de vapeur d’eau par heure). La nature tendant à l’équilibre, cette vapeur d’eau va migrer de l’intérieur vers l’extérieur au travers des différents matériaux qui composent la paroi. L’inverse se produisant en été.

Or, la quantité de vapeur pouvant être contenue dans l’air est directement liée à la température. Un air plus chaud contient plus de vapeur d’eau. Dès lors, le hiver, la température de la paroi diminuant progressivement de l’intérieur vers l’extérieur au fur et à mesure que l’on rencontre des matériaux ayant une certaine résistance thermique, la quantité de vapeur d’eau pouvant être contenue dans l’air va diminuer également jusqu’à éventuellement atteindre le point de saturation.

Tant qu’une paroi n’est pas isolée, il y a peu de risque de condensation interne mais dès qu’un matériau isolant est rencontré, même quelques centimètres, la température chute de manière importante et le risque de condensation interne est accru.

Comment s’exprime la teneur en eau dans un matériau?

Le taux d’humidité (H%) du bois est calculé en faisant la différence entre la masse du bois humide (Mh) et la masse du bois à l’état anhydre (Ms) rapportée à la masse du bois à l’état anhydre. Soit ((Mh-Ms)/Ms)*100. Il s’exprime en %.

L’analyse

Successivement des simulations au moyen de plusieurs logiciels nourrissent la réflexion de la conception de la paroi et chacune revêt une importance particulière.

  • simulation statique Glaser : méthode de calcul qui permet d’évaluer les risques de condensation interne d’une paroi.
  • simulation dynamique Wufi ©: méthode analysant le transfert et le stockage de chaleur et de vapeur d’eau au travers et dans les parois, sur une période définie par l’utilisateur. Ce logiciel a été mis au point par le Fraunhofer Institut für Bauphysik de Holzkirchen en Allemagne. Il permet de prendre en compte un mouvement de vapeur d’eau dans les 2 sens et donc de tenir compte des possibilités d’assèchement de la paroi.
  • simulation dynamique via Wufi Bio ©: détermine le risque de formation de moisissures à la surface des parois internes.

Il s’agit d’outils indispensables à toute bonne conception, tant en construction neuve qu’en rénovation.

Dans les simulations réalisées, l’humidité de départ est délibérément élevée (80%) afin de simuler un chantier qui aurait été exposé aux intempéries. Le but étant de voir les capacités de séchage de la paroi. Ce pourrait également être rencontré en cas d’infiltration accidentelle.

En travaillant le matériau bois et ses dérivés, ces simulations anticipent tout problème éventuel lié au choix des matériaux et à la composition de paroi. Cette démarche préalable ne met cependant pas à l’abri d’une mauvaise exécution et le contrôle de la mise en place reste indispensable. Il est essentiel que les travaux d’isolation soient réalisés par un professionnel ou tout au moins supervisés par celui-ci.

Chaque cas étant différent, la conception de ces ouvrages devra être réalisée avec soin pour en garantir une durabilité maximale. La prudence reste de mise et l’utilisation de ces matériaux, de même que l’interprétation des résultats des simulations requiert la connaissance nécessaire pour en user avec raison.

Une attention particulière doit également être apportée à l’étanchéité à l’air. Il s’agit sans aucun doute d’un des aspects de la mise en œuvre les plus importants et qui malheureusement est couramment négligé sur chantier. Il est nécessaire d’encourager les maîtres d’ouvrages, architectes et entrepreneurs à procéder à des tests de vérification de bonne mise en œuvre par la caméra thermique et le test d’étanchéité à l’air (Blower Door Test). Le meilleur produit qui soit ne sera d’aucune efficacité si la mise en œuvre n’a pas été exécutée avec soin et savoir-faire.

Remarque : il existe d’autres logiciels de simulation dynamique que Wufi.