Le comportement du bois au feu est une question centrale en construction, tant pour les architectes que pour les ingénieurs. Contrairement aux idées reçues, une construction en bois n’est pas plus sujette au feu qu’une construction conventionnelle. Cette page technique détaille la réaction et la résistance au feu du matériau bois, ainsi que les principes de sécurité incendie appliqués en Belgique. Vous y trouverez également des données sur les principes de combustion du bois, de sa vitesse de combustion et sa classe de réaction au feu.
Les principaux constituants du bois sont la cellulose (40 à 50 %), l’hémicellulose (20 à 30 %) et la lignine (30 à 35%), ces éléments représentent la part organique du bois soit près de 98-99%. Le solde représente la part minérale. La part organique du bois est constituée d’environ 50% de carbone ce qui explique le caractère combustible du matériau.
Le bois est un matériau combustible dont le comportement au feu suit plusieurs phases distinctes :
👉🏽 Bon à savoir : cette combustion du bois dépend de plusieurs facteurs :
Lorsque l’on chauffe un volume de bois en vase clos, les différentes étapes suivantes ont lieu :
Seule de la vapeur d’eau s’échappe du bois. Tant que le matériau contient de l’eau, la température du bois sera stabilisée autour de 100°C même si la température extérieure est supérieure à 100°C.
La température du bois, dépourvu d’eau s’élève et il se dégage des gaz ainsi que de l’acide pyroligneux. Parmi les gaz formés, on retrouve en majeure partie (+- 70%) du CO₂ incombustible, avec près de 30% de CO₂ combustible.
La réaction dégage beaucoup de chaleur (réaction exothermique). Les gaz continuent de se dégager, la portion de CO₂ diminue et les hydrocarbures apparaissent.
La quantité de gaz dégagée (entre autres le CO₂) diminue mais ceux qui se dégagent encore sont presque intégralement combustibles. Les hydrocarbures sont les principaux composants présents en ensuite on constate un dégagement d’hydrogène qui devient de plus en plus abondant.
Au-dessus de 450°C, l’hydrogène et les carbures constituent la majorité des gaz qui s’échappent. Le produit de la dégradation du bois, le charbon, est également susceptible de brûler.
👉🏽 Bon à savoir : en moyenne, la combustion d’éléments en bois peut atteindre des températures élevées proches de 1000 – 1300°C. Mais en raison du pouvoir isolant de la couche charbonnée qui se forme autour des éléments en bois, sans une source active de chaleur, il est dans les faits très difficile d’entretenir la combustion du bois car sa température sous la couche charbonnée va diminuer progressivement sous 275°C.
Le pouvoir calorifique d’un matériau correspond à l’énergie dégagée par la combustion complète d’une masse d’un kilogramme de ce matériau. Il s’exprime en MJ/kg. En moyenne, le pouvoir calorifique moyen est estimé à 17MJ/kg de bois anhydre. Il est relativement indépendant de l’espèce. Ainsi 1 kg de peuplier (environ 380kg/m³) anhydre a un pouvoir calorifique de 18.32 MJ/kg tandis que la même masse de charme (800kg/m³) aura un pouvoir calorifique de 20.62MJ/kg anhydre.
Le pouvoir calorifique du bois correspond à la quantité d’énergie libérée lors de sa combustion.
👉🏽 Ce paramètre est essentiel pour comprendre l’énergie dégagée en cas d’incendie.
Le pouvoir calorifique dépend fortement du taux d’humidité du bois. Au plus le bois sera humide, au plus le pouvoir calorifique sera faible. En effet, l’énergie nécessaire à la chaleur spécifique de l’eau, à sa chaleur de vaporisation et à l’élévation de la température de la vapeur d’eau est à déduire du pouvoir calorifique du bois.
On distingue le Pouvoir Calorifique Inférieur (PCI) qui désigne la quantité de chaleur dégagée lors de la combustion du bois, en déduisant l’énergie latente de vaporisation de l’eau contenue dans le bois. Le Pouvoir Calorifique Inférieur (PCI) varie du bois en fonction de son taux d’humidité et du type de bois.
Le Pouvoir Calorifique Supérieur (PCS) correspond à l’énergie totale libérée lors de la combustion du bois. Ils s’expriment en MJ/kg de bois (1MJ= 3,6kWh)
| Taux d’humidité du bois (%) | Feuillus (kWh/kg) | Résineux (kWh/kg) |
| 0 | 5,1 | 5,3 |
| 5 | 4,8 | 5,0 |
| 10 | 4,5 | 4,7 |
| 15 | 4,2 | 4,4 |
| 20 | 3,9 | 4,1 |
| 25 | 3,7 | 3,8 |
| 30 | 3,4 | 3,5 |
| 35 | 3,1 | 3,2 |
| 40 | 2,8 | 2,9 |
| 45 | 2,5 | 2,6 |
| 50 | 2,2 | 2,3 |
| 55 | 1,9 | 2,0 |
| 60 | 1,6 | 1,7 |
| 65 | 1,3 | 1,4 |
| 70 | 1,1 | 1,1 |
| 75 | 0,8 | 0,8 |
Un volume donné de bois d’une espèce dont la masse volumique est élevée aura un potentiel calorifique plus grand (produira plus de chaleur) que le même volume d’une espèce plus légère. Cependant, la même masse de bois, quelle que soit l’essence, au même taux d’humidité, donnera la même quantité de chaleur. Cependant, dans un laps de temps équivalent, une espèce plus lourde produira moins de chaleur car elle brûlera plus lentement.
👉🏽 Pour aller plus loin, consultez notre page sur les différentes essences de bois.
La résistance au feu d’un élément de construction est le temps durant lequel l’élément est apte à remplir ses fonctions en cas d’incendie (séparation et/ou capacité portante).
En matière de conception des bâtiments en bois et de prévention contre l’incendie, il est capital de ne pas confondre résistance et réaction au feu. La résistance au feu du bois caractérise la capacité d’un élément de construction à conserver :
L’ancien concept ‘Rf’ (Résistance au feu) traditionnellement utilisé en Belgique pour caractériser la résistance au feu est remplacé par la classification européenne REI (décrite dans la norme de classification NBN EN 13501-2 (2004)) basée sur trois critères principaux, à savoir :
Un élément uniquement porteur (colonne, par exemple) sera ainsi classé R, tandis qu’un élément séparateur et non porteur (cloison légère, par exemple) sera classé EI. Un élément qui associe les deux fonctions (porteur et séparateur) sera classé REI. La résistance au feu est exprimée en minutes selon la classification européenne (REI 30, par exemple). D’autres critères, comme la limitation du rayonnement W, sont définis dans la classification européenne, mais ne sont actuellement pas prescrits en Belgique.
Le bois a l’avantage de rapidement brûler en périphérie et de développer en surface une mince couche de charbon dont la conductivité thermique est de l’ordre de 5 fois inférieure à celle du bois (conductivité thermique du bois résineux ou λ= 0.13W/m.K ).
De ce fait, la couche charbonnée protège les parties intactes plus interne du bois qui peuvent poursuivre leurs fonctions structurales tant qu’une température critique n’est pas atteinte. La diminution des propriétés mécaniques du bois varie relativement peu sous l’effet de la chaleur. Ainsi, à 100°C, les propriétés mécaniques, exprimées en pourcentage de ces mêmes propriétés à 20°C, ne sont que légèrement diminuées. Elles sont reprises ci-dessous :
👉🏽 Bon à savoir : dès lors, la perte de la capacité portante d’un élément en bois soumis au feu s’explique plus par une réduction de la section que par une modification des propriétés mécaniques du bois. Il est généralement admis que la vitesse de combustion d’un bois résineux est de l’ordre de 0.7mm/min pour les résineux soit 4.2cm/heure (0.5 à 0.7mm/min pour les espèces feuillues et 0.9mm/min pour les panneaux).
En outre, les pièces de bois soumises à un incendie se déforment peu, elles restent rectilignes. Il y a de ce fait moins de risques d’effondrement de bâtiments en bois.
La réaction au feu est la propension d’un matériau à s’enflammer et à propager l’incendie. Le bois de construction, comme tous les matériaux de construction fait l’objet d’un classement. Cette classification évalue :
Essai bardage feu Warrington Fire © Hout Info Bois
Les essais sont réalisés selon la norme européenne NBN EN 13501-1 :2019 ‘Classement au feu des produits et éléments de construction – Partie 1 : Classement à partir des données d’essais de réaction au feu’. Cette norme comporte 3 classements principaux pouvant varier en fonction du support utilisé lors de l’essai :
Le bois ainsi que les panneaux dérivés du bois sont généralement D, s2-d0. Il s’agit donc d’un produit très combustible dont la classe d’opacité des fumées correspond à un dégagement moyen en termes de quantité et de vitesse. Il ne produit pas de gouttes ou de débris enflammés lors de sa combustion.
Moyennant un traitement spécifique, il est possible d’améliorer la classe de réaction du bois et d’atteindre l’Euroclasse C voir, dans certains cas, B. Pour améliorer la sécurité incendie du bois, plusieurs solutions existent :
👉🏽 Découvrez aussi la technique du bois carbonisé ou yakisugi qui permet aux planches carbonisées d’obtenir une plus grande résistance au feu
En Belgique, les exigences minimales de sécurité incendie auxquelles doivent satisfaire tous les nouveaux bâtiments sont formulées dans l’Arrêté Royal (AR) du 7 juillet 1994 (modifié par les arrêtés royaux du 19 décembre 1997, du 4 avril 2003, du 13 juin 2007, du 13 mars 2009, du 12/7/2012 ; du 7/12.2016 et du 20/5/2022) fixant les normes de base en matière de prévention de l’incendie.
La construction bois est encadrée par des réglementations strictes concernant :
👉🏽 Ces règles garantissent un niveau de sécurité équivalent aux autres matériaux.
La hauteur d’un bâtiment est estimée être la distance entre le niveau le plus bas des voies entourant le bâtiment et utilisables par les véhicules des services d’incendie et le niveau du plancher du dernier étage).
Ces normes de base, qui sont des textes de loi, distinguent les bâtiments suivants :
Il s’agit d’un texte de loi édité par le gouvernement fédéral qui revêt par conséquent un caractère obligatoire. Il s’agit de Normes de base qui s’appliquent à toutes les nouvelles constructions (hors rénovations).
👉🏽 Bon à savoir : ces normes de base ne sont pas applicables aux maisons unifamiliales ni aux bâtiments bas ayant une superficie inférieure ou égale à 100m² et ayant au minimum deux étages.
L’arrêté Royal fixe les conditions minimales auxquelles la conception, la construction en bois ainsi que l’aménagement de nouveaux bâtiments doivent satisfaire. L’objectif est de :
L’annexe 5/1 reprend les exigences de réaction au feu selon les classes européennes (A1, A2, B, C, D, E et F). Elle concerne les bâtiments postérieurs au 1/12/2012.
Pour ces bâtiments, les exigences dépendent de la hauteur des bâtiments, de l’existence d’installation de détection incendie, du type de local mais également des occupants.
👉🏽 Consultez ici la Fiche Technique de 2020 ‘Sécurité incendie dans les constructions en bois.’
Oui. Contrairement aux idées reçues, le bois présente une résistance au feu prévisible grâce à la formation d’une couche carbonisée qui protège le cœur de l’élément structurel.
Le bois brûle en plusieurs étapes : séchage, pyrolyse, inflammation des gaz puis combustion. Ce processus dépend de l’essence, de la densité et de l’humidité.
La combustion du bois débute généralement autour de 300°C, après une phase de décomposition thermique appelée pyrolyse.
Le bois se consume progressivement en formant une couche de charbon isolante qui ralentit la propagation du feu et préserve les propriétés mécaniques du bois situé sous cette couche charbonnée.
Le bois massif est généralement classé D-s2, d0 selon les Euroclasses, mais ce classement peut être amélioré par traitement.
Non. Les constructions bois sont soumises aux mêmes exigences réglementaires que les autres matériaux et présentent un niveau de sécurité équivalent.
Non. Bien conçu, un bâtiment en bois respecte les normes de sécurité incendie et offre un comportement au feu maîtrisé.
Pour améliorer la sécurité incendie du bois, plusieurs solutions existent :
Comme tout matériau organique, le bois produit des fumées lors de sa combustion, mais celles-ci sont comparables à celles d’autres matériaux de construction.
🇫🇷 NOTRE SITE INTERNET VA ÉVOLUER
Donnez votre avis (sondage – 2 min) pour améliorer le site
Participer au sondage FR🇧🇪 ONZE WEBSITE GAAT VERANDEREN
Geef hier je mening (enquête – 2 min) om de website te verbeteren
Deelnemen aan de enquête NL
