Clôture, barrière, palissade

Clôture, barrière, palissade en bois, un choix durable pour délimiter les extérieurs : comment bien choisir et prolonger sa durée de vie

Clôtures, barrières, palissadesles solutions de délimitation extérieure en bois sont variées et souvent perçue comme un détail d’aménagement. Elles engagent pourtant des choix techniques qui conditionnent directement la durabilité dans le temps, parfois sur plusieurs décennies. Choix de l’essence, naturellement durable ou bois traité, contact avec le sol, gestion de l’humidité, variations dimensionnelles, finitions : autant de paramètres que l’on sous-estime au moment de la prescription et qui influencent directement la longévitéDans cet article, nos conseillers bois passent en revue les trois grandes typologies de clôtures en bois, leurs exigences techniques et les bonnes pratiques à intégrer dès la conception pour favoriser leur longévité. 

Quels sont les critères pour bien choisir sa délimitation extérieure ?

Avant de choisir une typologique de délimitation extérieure, trois paramètres conditionnent tous les autres : 

  1. Le contact avec le sol est le facteur de risque n°1. Un bois en contact permanent avec un sol humide est exposé aux champignons lignivores, c’est la principale cause de dégradationdes ouvrages extérieurs. La règle de base : limiter au maximum ce contact, ou choisir une essence dont la durabilité naturelle est adaptée à cette contrainte.
  1. La classe de durabilité naturelle de l’essence s’évalue sur une échelle de 1 (très durable) à 5 (non durable). Pour tout élément en contact avec le sol, visez une classede durabilité1 ou 2. Pour les éléments hors sol, une classe de durabilité 3 peut suffire sans traitement.  Il existe des traitements de préservation pour les espèces moins durables.  
  1. Le taux d’humidité du bois à la pose conditionne la stabilité dimensionnelle de l’ouvrage dans le temps, un point souvent négligé et pourtant déterminant, notamment pour les palissadesconstituées delames massives. 

La clôture en bois : légèreté, esthétique et durabilité naturelle

La clôture en bois, est une succession de poteaux reliés entre eux par du fil métallique qui retient des éléments verticaux en bois de petites sections constitue une solution intéressante sur le plan esthétique.  

Comment empêcher le bois de pourrir à l’extérieur ? 

C’est la question clé pour ce type de clôture. La clôture en bois correspond à une situation dans laquelle le bois des poteaux est en contact avec le sol. C’est justement cette configuration qui présente une contrainte structurelle pour le bois car il est toujours exposé à un environnement humide dans le sol et le risque d’être dégradé par des champignons est grand.  L’humidité du sol crée un environnement favorable au développement des champignons lignivores, responsables de la pourriture du bois.

Image d'une clôture en piquets de bois naturels

Trois leviers pour empêcher le bois de pourrir à l’extérieur :

Choisir une essence naturellement durable

Une espèce comme le châtaignier est une référence pour les poteaux en contact avec le sol. Il est de classe de durabilité naturelle 2 (sur une échelle de 1 à 5, 1 étant la meilleure). De ce fait, les poteaux, en fonction du type de sol (plus ou moins drainant), devraient résister entre 20 et 25 ans. Les poteaux en châtaignier ne demandent aucun entretien. Il en va de même pour les clôtures dressées entre ces poteaux. Si les éléments en bois qui les constituent touchent le sol, ils risquent de se dégrader plus rapidement. 

Surélever les éléments du sol 

Surélever les éléments d’une dizaine de centimètres par rapport au niveau du sol afin de limiter tout contact avec l’humidité. On peut alors attendre une durée de vie supérieure à celle des poteaux, sans aucun entretien. Un contrôle périodique des fixations métalliques les fils électriques sur les poteaux qui peuvent parfois devenir plus lâches au fur et à mesure du travail du bois est l’unique suivi à réaliser. 

Gérer la végétation à la base 

Gérer la végétation à la base lorsque les éléments de clôture ne peuvent pas être surélevés, nous vous conseillons de couper régulièrement la végétation à la base de la clôture, ce qui limite l’environnement plus humide que créera la végétation et augmentera de facto la durée de vie de la clôture. 

La barrière en bois : robustesse et points de vigilance

La barrière en bois, d’aspect souvent plus rustique, est une déclinaison de la clôture en bois. Ses éléments sont en général de dimensions plus importantes que la clôture. Elle délimite le les pourtours d’une surface tout en restant ouverte en partie basse. Un treillis métallique complémentaire peut être prévu si la configuration le nécessite, pour contenir les petits animaux par exemple.

Quel bois pour faire une barrière extérieure ?  

Deux options de barrière extérieure en bois selon le budget :  

Option 1 : bois résineux traité  

La longévité d’une barrière dépend de la durabilité de ses éléments. Souvent, il s’agit de bois résineux ayant reçu un traitement de préservation, ce qui augmente leur durée de vie. C’est la solution la plus courante. Un traitement de préservation adapté au contact avec le sol (code A4) ou extérieur mais hors sol  (code A3) augmente la résistance aux agents biologiques. Il faut compter sur une longévité d’une quinzaine d’années pour les poteaux qui sont en contact avec le sol. 

Option 2 : utiliser des essence naturellement durable (classe 1 ou 2)  

Une autre possibilité d’augmenter la durée de vie est de choisir une espèce naturellement durable (classe de durabilité 1 ou 2 sur une échelle de 5) mais cela augmentera significativement le prix. Dans tous les cas, aucun entretien du bois n’est requis. Robinier, chêne, châtaignier… Ces essences ne nécessitent aucun traitement chimique et offrent une durée de vie supérieure. Le surcoût à l’achat peut être compensé par l’absence totale d’entretien sur plusieurs décennies. Dans tous les cas, aucun entretien de surface du bois n’est requis, ni huile, ni lasure, pour les deux options. 

Conseil technique pour les éléments horizontaux 

La durée de vie des éléments horizontaux est supérieure (car hors sol) mais pour l’augmenter encore il est conseillé, lors de la mise en œuvre, de placer un écarteur, d’une épaisseur de l’ordre de 1 cm et de 2 cm², entre le poteau et l’élément horizontal, en plastique, caoutchouc ou inox, afin d’éviter la stagnation d’humidité, risque fréquent à cet endroit. 

La palissade en bois : intimité et mise en œuvre soignée

La palissade exige une mise en œuvre plus fastidieuse. La palissade est la typologique de clôture qui peut offrir le plus d’intimité mais elle est la plus exigeante en termes de mise en œuvre.  Des dalles horizontales en béton sont placées entre des poteaux verticaux en bois, métalliques ou en béton. Entre ces poteaux, une paroi composée de lames de bois ou des éléments en bois préfabriqués aux motifs variés peuvent être fixés. 

Mise en œuvre technique : les points de vigilances des palissades en bois 

La palissade repose sur un principe constructif précis : des poteaux verticaux (bois, métal ou béton) entre lesquels sont fixées des lames de bois massives ou des panneaux préfabriqués. 

Image d'une Palissade bois avec des lames horizontales

La finition : traiter ou laisser griser ?  

La palissade en bois ne demande pas d’entretien mais les bois qui la constituent peuvent recevoir un traitement de finition (type huile ou lasure) lorsque le grisaillement naturel du bois n’est pas souhaité en termes d’aspect final. Le bois grisaille naturellement sous l’effet des UV, un phénomène purement esthétique qui n’affecte pas la durabilité du bois. Si cet aspect n’est pas souhaité, une huile ou une lasure peut être appliquée, avec une ré-application tous les 2 à 3 ans selon l’exposition. 

Les variations dimensionnelles : un phénomène à anticiper 

Attention, ce type de paroi, quand elle est constituée de lames massives, se dilate et se rétracte avec les variations d’humidité après de longues périodes sèches ou humides et selon la saison. Des variations de la hauteur totale de la palissade de l’ordre de 1 à 2 % sont courantes, soit 2 à 4 cm sur une palissade de 2 mètres. Ces variations peuvent provoquer des irrégularités de niveau sur la longueur de la palissade qui peuvent être perçus comme inesthétiques. En longueur, les bois resteront parfaitement stables. 

Le taux d’humidité à la pose  

Lorsque la palissade est composée de lames de bois massives, elles doivent être mises en œuvre à un taux d’humidité proche de 17 %. Un bois trop sec ou trop humide au moment de la pose générera des variations dimensionnelles après installation.

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